— Mais vous faites ça pourquoi ?
Quand on me pose cette question, passé l’embarras initial, je me sens obligé de raconter un truc qui pourrait paraître vraiment raffiné dans une galerie d’art. Un truc vrai et compliqué à la fois, authentique et intelligent.
— Je fais ça pour mettre en abyme la détresse qu’on éprouve face à l’effondrement des signifiants sur lesquels repose notre rapport sensible à l’existence. Ce sens disparaît plus vite que notre capacité à le reconstruire et je crois que nous en éprouvons tous les conséquences. Mettre la fragilité du geste esthétique ici, dans la rue, dans les bris de verre et les courants d’air, dans la gentrification absurde et les chats instagrammables, c’est un manifeste de la résistance par l’inutile.
À la place, je dis la version A4.
— Franchement, je sais pas. Je crois que j’en ai besoin pour pas mourir d’ennui.
